Qui est Charles Sarolea ? (Les Crimes de l’Angleterre 3)


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On trouve la signature de Charles Sarolea en introduction au livre de G.K. Chesterton, Les Crimes de
l’Angleterre
, publié en France en 1916, aux éditions Georges Crès (cf. ici). Celui qui signe cette introduction, particulièrement bien vue sur plusieurs aspects de la personnalité de Chesterton (cf.
) n’est pas un Français, mais un universitaire belge. Il est né en 1870, soit quatre ans avant
Chesterton, et il décédera en 1953, soit la même année qu’Hilaire Belloc, né lui aussi en… 1870.

Universitaire, professeur de français à l’Université d’Edimbourg (Écosse), Charles Sarolea fut aussi un écrivain et un publiciste engagé. Il a publié plus d’une
vingtaine d’ouvrages, entre 1891 et 1937, portant sur des sujets littéraires, politiques et historiques. Plusieurs d’entre eux comportent une introduction ou un texte de Chesterton en annexe.
C’est le cas par exemple de
How Belgium Saved Europe qui paraît en 1915 ou
de
Letters on Polish Affairs qui est publié en 1922. Dans son
livre,
German problems and personalities, Charles Sarolea évoque à
plusieurs reprises G.K. Chesterton.

De son côté, Chesterton le cite au moins deux fois dans… Les Crimes de
l’Angleterre
. On trouve ainsi mention de Charles Sarolea au chapitre VIII (page 214 dans l’édition Crès). Chesterton
fait allusion au livre de Sarolea,
Le Problème anglo-allemand (publié
également chez… Crès), dans lequel l’auteur ferait ressortir la contradiction « entre le dérèglement de la théorie allemande et la soumission de la pratique allemande ». La
deuxième mention se trouve au chapitre suivant (page 245, édition Crès) et constitue un brillant hommage puisque Chesterton évoque « l’admirable et vraiment presque magique exception du
docteur Sarolea »
.

À Edimbourg, Charles Sarolea représenta également son pays comme Consul. Selon une étude de Michaël Amara, portant sur  « La propagande belge et l’image de la Belgique aux Etats-Unis pendant la Première Guerre mondiale », Charles Sarolea joua un rôle dans la tentative pour pousser les Etats-Unis à entrer en
guerre :
« D’autres tentèrent de se déplacer sur un plan plus politique. En janvier 1915, le Ministre des Affaires étrangères décida
d’envoyer aux Etats-Unis le consul de Belgique à Edimbourg, Charles Saroléa. Celui-ci tenta pendant plusieurs semaines de convaincre les Américains réticents de la véracité des atrocités commises
en Belgique. En mai 1915, il attaqua violemment l’attitude neutraliste des Etats-Unis. Ses propos, relayés par le
Chicago Tribune, suscitèrent la polémique. Saroléa fut rappelé en Europe et l’incident en resta là mais cette affaire resta
dans les mémoires et ce qui devint l’“incident Saroléa” incita le Havre à plus de prudence dans le choix de ses missionnaires. 
»

 

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Universitaire, représentant de son pays à l’étranger, Charles Sarolea fut également un homme de presse. Entre 1912 et 1917, il fut à la tête d’une publication
littéraire éditée à Edimbourg,
Everyman. Le premier numéro de cette revue
paraît le 18 octobre 1912. Hasard ? On y trouve la signature de G.K. Chesterton pour un article intitulé « The Chance of the peasant ».  Un article d’une page (page
4), à tonalité très distributiste. Les grands noms ne manquent pas dans cette revue. Mais illustrant le courant distributiste, on y retrouve Cecil Chesterton, Hilaire Belloc et, bien sûr, G.K.
Chesterton lui-même. Nous y reviendrons. 

 

 

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