Les pauvres de Londres

Traduit par notre ami Didier Rance, publié dans L’Homme Nouveau, ce poème d’Hilaire Belloc est mis ici à la disposition d’un public plus large. Il révèle bien la spiritualité et les préoccupations de son auteur, qui mérite mieux que les caricatures auxquelles on le réduit le plus souvent. Belloc fut l’un – mais non le seul, comme l’image du « ChesterBelloc » façonnée par G.B. Shaw le laisse trop facilement croire – des grands amis de G.K. Chesterton après l’avoir été du frère cadet de celui-ci, Cecil Chesterton. Au nom de cette amitié, et des convictions partagées par les deux hommes, malgré des caractères différents, ce poème avait toute sa place ici.

« Dieu Tout-puissant dont la justice tel un soleil

Étincellera à tous les étages du Ciel,

Relevant ce qui est abaissé, redressant ce qui est détruit,

Brisant l’orgueilleux et aplanissant ce qui est cabossé.

 

Les pauvres de Jésus-Christ, au long des rues

Trempés par votre pluie, pieds nus dans votre neige,

N’ont ni foyer, ni épée, ni viande humaine,

Pas même le pain des hommes : Dieu Tout-puissant.

 

Les pauvres de Jésus-Christ, qu’aucun homme n’entend,

Ont attendu votre vengeance bien trop longtemps.

N’essuyez pas des larmes, mais du sang : nos yeux saignent des larmes.

 

Viens frapper nos damnés sophismes, et si fort

Que ton marteau brutal battant ce mal brutal

Fasse tomber l’abîme de deux fois dix mille ans. »

(© D.R.)

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