Aphorisme (170)

Les messagers de l’Évangile n’ont rien perdu de leur allant. Deux mille ans de course ne les ont pas fatigués. Ils s’expriment toujours comme si quelque chose venait d’arriver et c’est à peine s’ils ont perdu le regard violent des témoins. Aujourd’hui encore, l’Église catholique – la société des messagers – connaît de brusques élans de sainteté, fruits soudains d’une abnégation qui secoue le monde comme un suicide. Mais le sacrifice de soi n’a rien d’un suicide. Le pessimisme n’est pas son affaire. Il suppose même l’optimisme de saint François parmi les oiseaux et les fleurs. Il procède d’un esprit toujours neuf, qui fait paraître poussiéreuses les plus modernes des écoles de pensée. Il est presque certainement à la veille de triomphes nouveaux car les hommes qu’il anime servent une mère chaque jour plus belle à mesure que de nouvelles générations se lèvent et l’appellent bienheureuse. Peut-être, après tout, l’Église est-elle d’autant plus jeune que le monde est plus vieux.
L’Homme éternel

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