La conversion selon Hilaire Belloc (3 et fin)

Fin de la reproduction de l’essai d’Hilaire Belloc sur la conversion au catholicisme, publié en introduction à la première édition française de L’Église catholique et la conversion de Chesterton.

Il n’y a qu’une explication à ce phénomène – phénomène toujours présent mais particulièrement impressionnant pour les personnes cultivées non catholiques des pays de langue anglaise – il n’y a qu’une explication à la multiplicité des esprits attirés par le grand changement ; et cette explication c’est que l’Église catholique est la réalité. Si beaucoup prennent une montagne éloignée pour un nuage, alors qu’elle est reconnue comme une masse stable du monde étant donné ses contours fixes et sa qualité permanente, par toutes sortes d’observateurs, et spécialement par des hommes connus par leur intérêt dans la question, par la sûreté de leurs yeux et par leurs doutes antérieurs, il devient évident que la chose que l’on voit est une réalité objective. Cinquante hommes à bord s’efforcent de distinguer la terre. Cinq, dix, puis vingt débarquent, prennent contact et s’en assurent pour leurs camarades. À ceux qui ne la voient pas ou qui la prennent pour un banc de brume, on peut faire remarquer le détail du contour, la structure des points reconnus, tels qu’ils ont été vus par les témoins les plus variés, les plus convergents et donc les plus convaincants – par certains qui ne désirent nullement que la terre soit là, par d’autres qui redoutent son approche, aussi bien que par ceux qui sont contents de la trouver, par certains qui ont longtemps ridiculisé l’idée que ce fut la terre – et de cette convergence de témoignages jaillit l’une des preuves innombrables sur lesquelles reposent les bases rationnelles de notre foi.

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