Chesterton face à Houellebecq sur Figaro Vox

Chers amis de Chesterton, permettez moi de vous signaler l’article que j’ai publié sur Figaro Vox à propos du dernier livre de Michel Houellebecq, Soumission. Dans ce nouveau roman, l’auteur des Particules élémentaires fait référence au distributisme de Chesterton, ce que tout lecteur peut noter sans toujours très bien comprendre de quoi il s’agit. Mais j’établis aussi un autre lien avec Chesterton à travers l’évocation de L’Auberge volante, roman d’anticipation, écrit en 1914 et en terrible résonance, non seulement avec Houellebecq mais aussi avec notre triste actualité. Je demande donc si finalement Houellebecq n’est pas un Chesterton triste…

Merci de vous rendre sur Figaro Vox pour lire, commenter et faire connaître sur les réseaux sociaux cet article afin de faire parler un peu plus que d’habitude de notre cher écrivain.

Philippe Maxence
Président des Amis de Chesterton

Chesterton, la petite fille et le… distributisme (aphorisme chestertonien, 350)

Le dernier livre de Michel Houellebecq, que nous n’avons pas encore lu, se réfère, paraît-il, au distributisme de Chesterton. En attendant d’en savoir un peu plus, voici une longue citation d’un magnifique texte de notre auteur : 

Avec les cheveux roux d’une gamine des rues, je mettrai le feu à toute la civilisation moderne. Puisqu’une fille doit avoir les cheveux longs, elle doit les avoir propres; puisqu’elle doit avoir les cheveux propres, elle ne doit pas avoir une maison mal tenue; puisqu’elle ne doit pas avoir une maison mal tenue, elle doit avoir une mère libre et détendue; puisqu’elle doit avoir une mère libre et détendue, elle ne doit pas avoir un propriétaire usurier ; puisqu’elle ne doit pas avoir un propriétaire usurier, il doit y avoir une redistribution de la propriété ; puisqu’il doit y avoir une redistribution de la propriété, il doit y avoir une révolution.

Cette gamine aux cheveux d’or roux (que je viens de voir passer en trottinant devant chez moi), on ne l’élaguera pas, on ne l’estropiera pas, en rien on ne la modifiera ; on ne la tondra pas comme un forçat. Loin de là. Tous les royaumes de la terre seront découpés, mutilés à sa mesure. Les vents de ce monde s’apaiseront devant cet agneau qui n’a pas été tondu. Les couronnes qui ne vont pas à sa tête seront brisées. Les vêtements, les demeures qui ne conviennent pas à sa gloire s’en iront en poussière. Sa mère peut lui demander de nouer ses cheveux car c’est l’autorité naturelle, mais l’Empereur de la Planète ne saurait lui demander de les couper. Elle est l’image sacrée de l’humanité. Autour d’elle l’édifice social s’inclinera et se brisera en s’écroulant ; les colonnes de la société seront ébranlées, la voûtes des siècles s’effondrera, mais pas un cheveu de sa tête ne sera touché.

Le Monde comme il ne va pas

Chesterton, de verbe et de chair

Chesterton n’abandonne pas l’actualité. En journaliste qu’il fut, il sait combien celle-ci transporte avec elle son lot de questions fondamentales qui dépassent le court moment où l’on s’interroge sur elles. Mais revenons à notre écrivain.

Nous avons évoqué récemment la parution du livre Figures de pensée dans lequel se trouve un chapitre consacré à Chesterton. Dans le registre des autres bonnes nouvelles, signalons l’excellent livre d’Henri Quantin, De Verbe et de chair (Les éditions du Cerf). Il s’agit d’une visite vivante, profonde et drôlatique dans le monde des porteurs de voix du Verbe, comme il y a des porte-flambeaux. Les principaux noms défilent à nos yeux ravis devant le talent de l’auteur de saisir l’essentiel d’une œuvre et d’une destinée sans jamais tomber dans la pesanteur académique. De Péguy à Bernanos, de Max Jacob à Chesterton ou Bloy, ils y sont tous. Français, mais pas seulement. Croyants, mais pas forcément tranquilles. Écrivains et artistes, évidemment.

Henri Quantin compare Chesterton à Obélix et intitule son chapitre, « Ils sont fous, ces romains ». Le ton est donné. Le reste du chapitre est du même tonneau. La potion magique de Quantin est un mélange, d’une maîtrise parfaite, de connaissances précises et d’un renversement de ton pour aborder l’écrivain et l’œuvre qui tombe sous son regard. On a beau se dire que l’auteur est agrégé de lettres classiques, il dépoussière à tour de bras et rend vivant un auteur avec une saveur particulière. Avec Chesterton, c’est une réussite.

Chesterton, une figure de pensée

Sous la direction de François Charbonneau vient de paraître aux éditions Liber un recueil de portraits d’auteurs et de philosophes considérés par le maître-d’œuvre de cet ouvrage comme « témoins lucides de leur époque et des déchirements qui la traversaient ». Au total, le lecteur peut découvrir ou redécouvrir  à travers vingt-cinq portraits des noms et des œuvres parfois méconnus ou inconnus. On explore ainsi la vie et les réflexions de :

Gérard Bergeron, Ernst Bloch, Emil Cioran, Fernand Dorais, Fernand Dumont, François-Xavier Garneau, George Grant, Joseph Joubert, Heinrich von Kleist, Victor Klemperer, Gerhard Krüger, Pierre de Sales Laterrière, Gilles Leclerc, Jean Le Moyne, Curzio Malaparte, Henri Louis Mencken, Maurice Merleau-Ponty, Cosntantin Noica, Paul Ricœur, Franz Rosenzweig, Denis de Rougemont, Albert Thibaudet, Paul Valery et Simone Weil.

Il s’agit là d’un ensemble disparate dont est bien conscient le chef d’orchestre de ce recueil et qui vise, principalement, à donner à connaître certains regards qui se sont posés sur le XXe siècle, dans une perspective qui se réclame de l’humanisme. À l’origine ces textes furent publiés dans la revue Argument, une revue québécoise qui se présente ainsi elle-même sur sont site Internet :

Fondée en 1998, Argument est une revue généraliste de débats et d’idées. Sans être un magazine d’actualités, elle n’est ni une revue universitaire, ni une revue spécialisée ou scientifique. Tout en respectant un niveau d’exigence élevé au plan intellectuel, elle vise la publication de textes qui éclairent le public cultivé sur les grandes questions qui touchent la société contemporaine au Québec et ailleurs. La revue paraît deux fois par année, et chaque numéro présente des essais sur des sujets variés touchant la politique, l’histoire, la société et la culture. Argument n’est pas une revue de combat. Elle n’est pas alignée sur un parti ou une idéologie politique. Elle accueille de manière ouverte différents points de vue qui ne correspondent pas toujours à l’opinion des membres du comité de rédaction. Cela ne veut toutefois pas dire qu’Argument soit sans visage. Au fil des ans, la revue s’est faite l’écho d’une sensibilité intellectuelle nouvelle au Québec qui a surgi à la fin des années 1990. Afin de cerner et d’explorer cette nouvelle sensibilité, la revue privilégie la forme de l’essai argumenté et engagé.

Les auteurs et les approches sont divers donc, mais le niveau intellectuel est élevé. Dans son comité d’honneur, on trouve Alain Finkielkraut et Pierre Manent. Mais si nous évoquons cette revue et le livre Figures de pensée, c’est que parmi les « vingt-cinq portraits de lucidité et de courage » (le sous-titre du livre) se trouve celui de G.K. Chesterton, dû à la signature de Stéphane Kelly.

Très pertinent, ce portrait s’attarde principalement sur la vision social et politique de Chesterton, le fameux distributisme, qu’il relie en toute justesse à l’action d’Hilaire Belloc. Il en donne une bonne vision, synthétique forcément, mais qui permettra à ceux qui cherchent à en savoir plus à ce sujet d’avoir là un des rares textes en français sur le sujet. La conclusion résume bien l’esprit et le ton de ce portrait :

Il est impossible d’établir si Chesterton était à gauche ou à droite de l’échiquier politique. Et avouons-le, cela n’a aucune importance. Inclassable, on peut néanmoins lui trouver des ancêtres au sein de la tradition politique anglaise, parmi les républicains radicaux du XVIIIe siècle (Swift, Gordon, Trenchard, Paine) ou les critiques romantiques de la révolution industrielle du XIXe siècle (Cobbett, Carlyle, Morris, Ruskin). Il devient plus aventureux de lui trouver des héritiers, étant donné que le monde qu’il a âprement défendu s’est effondré. On décèle parfois le même esprit insolite et singulier dans des passages de Hannah Arendt ou de Christopher Lasch. Ses propos sur la propriété, la démocratie, les classes sociales et les petites nations étaient terribles mais vrais, pour ne pas dire terriblement vrais. Ses contemporains pensaient qu’il était paranoïaque. Pardonnons-les. G. K. était simplement prophétique.

Figures de pensée, vingt-cinq portraits de lucidité et de courage, sous la direction de François Charbonneau est publié par les éditions Liber.

Le divorce vu par Chesterton

La famille est au cœur de la pensée politique de G.K. Chesterton, et même au cœur de sa philosophie générale. Il a vu avec les yeux d’un prophète enfantin les attaques qui venaient contre cette petite cellule sociale sur laquelle reposent finalement les sociétés humaines. On trouve actuellement sur le site Retour d’@ctu la traduction d’un texte de Chesterton consacré au divorce. Tous les lecteurs de Chesterton trouveront intérêt à la lecture de ce texte dont nous reproduisons une partie ici (avec l’autorisation de son traducteur). Nous sommes heureux de constater que doucement Chesterton intéresse de plus en plus de personnes. Rappelons au sujet du divorce que Chesterton publie en 1920, The Superstition of Divorce (voir ici) dont il existe une traduction française, parue en 1931 chez Fernand Sorlot sous le sobre titre Divorce.

 

L’écrivain pose la question substantielle assez clairement : « Le mariage indissoluble est-il bon pour l’humanité ? », et elle y répond assez clairement : « Pour la plupart des gens, oui. » Aux personnes comme moi, qui évoluent dans le rêve ancien de la Démocratie, cet aveu règle la question. Il peut y avoir des personnes exceptionnelles qui seraient plus heureuses sans le gouvernement civil ; des âmes sensibles qui se sentent vraiment mal lorsqu’elles voient un policier. Mais nous avons sûrement le droit d’imposer l’État à tout le monde si cela va à presque tout le monde ; et si c’est le cas, nous avons le droit d’imposer à tout le monde la Famille si cela correspond aux attentes de presque tout le monde. Mais le point bizarre et pertinent est le suivant : madame Farr ne voit pas la réelle difficulté du principe de permettre les exceptions – la vraie difficulté qui a rendu les législateurs si réticents à en accorder. Je ne dis pas qu’il ne devrait pas y avoir d’exceptions, mais je dis que l’auteur n’a pas vu le douloureux problème qu’il y a à en permettre.

La difficulté est simplement la suivante : s’il devient possible de réclamer un traitement exceptionnel, les personnes précises qui le réclameront seront celles qui le méritent le moins. Les personnes qui sont convaincues d’être supérieures sont précisément les personnes inférieures ; les hommes qui se pensent vraiment extraordinaires sont les plus ordinaires crapules du monde. Si vous dites, « Personne ne doit voler la couronne d’Angleterre », alors elle ne sera probablement pas volée. Après cela, la meilleure chose à dire serait probablement : « N’importe qui peut voler la couronne d’Angleterre », et la couronne pourrait alors se retrouver entre les mains d’un homme modeste et honnête. Mais si vous dites : « Ceux qui se sentent comme ayant une âme sauvage et merveilleuse, et seulement eux, pourraient réussir à voler la couronne d’Angleterre », alors vous pouvez être sûrs que se formera une ruée constituée des loques, des loups, des ânes de tous l’univers, de tous les charlatans, tous les artistes imposteurs, les traînées et les égoïstes ivrognes, tous les aventuriers sans patrie et les criminels monomaniaques du monde.

Donc, si vous dites que le mariage est pour l’homme du commun, mais que le divorce est pour les esprits libres et nobles, toutes les personnes faibles et égoïstes se précipiteront sur le divorce ; alors que les quelques rares et libres esprits que vous souhaitez aider vont très probablement (parce qu’ils sont libres et nobles) continuer de lutter dans le cadre du mariage. Car l’une des marques d’un caractère vraiment digne, c’est le souhait de ne pas se séparer de l’honneur et de la tragédie de la tribu tout entière. Tous les hommes sont des hommes ordinaires ; les hommes extraordinaires sont ceux qui le savent.

Disparition de Simon Leys, un ami de Chesterton

L’été a toujours de ces surprises !… Le Figaro de ce jour, sous la signature de Sébastien Lapaque, nous annonce la mort, ce lundi 11 août, de l’écrivain, essayiste et sinologue belge, Simon Leys, de son vrai nom, Pierre Ryckmans. Une grande perte pour le monde des lettres et pour les amoureux de la Chine. Mais une grande perte aussi pour le petit univers des chestertoniens.

Simon Leys était, en effet, un lecteur attentif de Chesterton dont il avait parlé à plusieurs reprises. Dans Protée et autres essais (2001), republié récemment en version de poche (Folio/essais), il démarre l’ouvrage en évoquant sa rencontre avec le Napoléon de Notting Hill de Chesterton et l’impression décisive que lui fit la première phrase de ce roman de 1905.

« Le Napoléon de Notting Hill, écrit-il, demeure une invention délicieuse et contient bon nombre de perles de sagesse (« Tout comme un méchant homme est malgré tout un homme, un méchant poète est malgré tout un poète ») ; il présente aussi d’éclairantes observations sur la nature essentiellement démocratique du système monarchique (en fait, le plus démocratique de tous les systèmes, à condition que, chaque année, on tire au sort un nouveau roi) – notion que tous les républicains pourraient méditer avec profit.

Plus récemment, dans son livre, Le Studio de l’inutilité, Simon Leys avait publié le texte d’une conférence qu’il avait consacrée à Chesterton et qu’il avait prononcée devant les membres de la Chesterton Society d’Australie, pays où il résidait. Le texte de cette conférence est publié intégralement sur le site de L’Express . En voici un extrait :

Lorsque Chesterton n’était encore qu’un jeune homme oisif et rêveur qui s’était laissé dériver sans motivation particulière vers une vague école des beaux-arts, il se trouva secoué par une crise soudaine: il fit l’expérience d’une terrible confrontation avec le Mal – le Mal perçu non pas comme une menace venue de l’extérieur, mais bien comme une réalité spirituelle, lovée au coeur de sa propre conscience. Ce fut alors qu’il eut l’intuition du paradoxe central qu’il ne cessera d’explorer toute sa vie durant, et qu’il finira par résumer vers la fin de sa carrière, dans son livre magistral sur saint Thomas d’Equin : le christianisme a inversé l’ancienne croyance platonicienne selon laquelle c’est l’univers matériel qui serait mauvais, et l’univers spirituel qui serait bon. En réalité, c’est le contraire qui est vrai : ayant créé le monde, Dieu regarda toutes choses et vit qu’elles étaient bonnes. « Il n’y a pas de choses mauvaises, mais seulement un mauvais usage des choses. Ou, si vous voulez, il n’y a pas de mauvaises choses, mais seulement des pensées mauvaises, et surtout des intentions mauvaises. Il est possible de disposer des choses bonnes avec de mauvaises intentions, et les bonnes choses, telles que le monde et la chair, ont été détournées par une intention mauvaise, appelée le diable. Mais le diable est incapable de rendre aucune chose mauvaise -les choses demeurent telles qu’elles ont été créées le premier jour. L’œuvre du Ciel seule est matérielle – la création du monde matériel. L’OEUVRE DE L’ENFER EST ENTIÈREMENT SPIRITUELLE. »

Dans sa jeunesse, durant tout un temps, Chesterton vécut dans la crainte de se trouver pris au piège de son propre esprit, bouillonnant d’une incontrôlable activité – et pendant toute une période, il tituba littéralement au bord de la folie. Dans cet état, ce fut finalement la poésie qui le sauva et lui permit de conserver la raison, car le don du poète (qui est aussi le don de l’enfant) consiste en la capacité de rester relié au monde extérieur, de contempler les choses avec une attention intense et totale, et de tomber en extase devant le spectacle du réel. Et le poète et l’enfant ont reçu en partage la grâce de ce que Chesterton appelait « le minimum mystique » – à savoir, la conscience de ce que les choses sont, point à la ligne. « Si une chose n’est rien d’autre qu’elle-même, c’est bien; elle est, et c’est ça qui est bon. »

Rappelons pour finir qu’en excellent connaisseur de la Chine, Simon Leys avait eu le courage de dénoncer et de décortiquer la réalité du maoïsme à une époque, comme le souligne Sébastien Lapaque dans le Figaro, où « tout Paris était maoïste ».

Sur Chesterton et Simon Leys, voir sur ce site :

Chesterton selon Simon Leys;

Petite actualité chestertonienne en passant.

Anniversaire de la mort de Chesterton

Il y a 78 ans, G.K. Chesterton rendait son âme à Dieu, à l’âge de 62 ans. Il laissait une œuvre abondante et unique, ainsi que le souvenir impérissable d’un homme et d’un écrivain aussi fantaisiste qu’il était profond. Malgré le temps, son œuvre continue de nourrir la réflexion de lecteurs, surpris, étonnés, et le plus souvent ravis, devant ce don unique qu’il avait de mettre en avant les incohérences des idéologies et de ramener l’esprit au sens des réalités. Sa conversion au catholicisme aura été le point de départ d’une longue série de retour à Dieu, expliquant en grande partie la raison de l’enquête préliminaire à un procès de béatification qui se déroule actuellement. À sa mort, son ami W.R. Titterton écrira :

« Que ferons-nous sans lui? Vous qui le connaissez comme je l’ai connu, et avez pour lui une affection aussi profonde, vous êtes déconcertés par la perte que représente sa disparition. Comme une famille lorsque leur père meurt, nous sommes frappés. Pas besoin de vous dire ce qu’il a fait, ou ce qu’il représentait. Tout cela est dans notre sang. Je ne peux pas le décrire. Il était trop grand, et trop près, ainsi que trop simple. »

Sur la mort de Chesterton, plusieurs articles ont déjà été publiés sur ce blogue. Nous vous invitons à les lire s’ils vous ont échappés :

sur le télégramme de condoléance venu de Rome;

La mort de Chesterton dans le Temps;

La mort de Chesterton dans la presse française (1);

La mort de Chesterton dans la presse française (2);

La mort de Chesterton dans L’Humanité;

Sur les personnalités présentes lors de la messe d’inhumation;

Les lecteurs les plus assidus de ce blogue, et ceux qui ont la bonne idée d’en être les abonnés, auront remarqué que nous n’avons pas publié d’aphorisme depuis plusieurs jours. Cette situation risque de durer encore un peu. C’est pourquoi, en attendant le retour d’une publication quotidienne, nous vous invitons à suivre pendant ce mois de juin la parution quotidienne de citations de Chesterton proposée par l’agence de presse Zenit.

Enfin signalons que les revues Valeurs actuelles, le Figaro Histoire et La Nef ainsi que Radio Courtoisie ont présenté le dernier ouvrage paru : Chesterton face à l’islam de Philippe Maxence, livre toujours disponible auprès de l’association des Amis de Chesterton (voir ici et ).

Une nouvelle collection Chestertonienne

L’Association des Amis de Chesterton poursuit tranquillement, mais avec assurance, sa petite route d’exploration de l’immense œuvre de l’écrivain anglais. Avec l’aide et la complicité des éditions Via Romana, que nous remercions, nous venons de publier le premier volume de la collection « Les Amis de Chesterton » avec Chesterton face à l’islam de Philippe Maxence, président de l’association.

Un nouvel ouvrage ?
En 178 pages, Chesterton face à l’islam,  petit ouvrage en format de poche (disponible auprès de l’association au prix de 13€, frais de port gratuit, en prenant contact avec nous Association des Amis de Chesterton, ℅ édition de L’Homme Nouveau, 10 rue Rosenwald, 75015 Paris ou chez votre libraire) retrace la vision chestertonienne de la religion de Mahomet. En explorant l’ensemble de l’œuvre de Chesterton, on trouve sur ce thème un grand nombre de renvois et, donc, pas mal de surprises.  On trouvera le sommaire détaillé de ce livre d’un genre nouveau sur cette page.

D’autres projets !
Mais la collection a déjà d’autres projets en cours et d’autres livres devraient paraître, de et sur Chesterton, au rythme d’un volume par an. Beaucoup d’inédits sont dans nos cartons. Pour beaucoup, tout dépendra, bien sûr, de l’accueil du public. Ces livres n’attendent que votre réponse. Sans vous, c’est clair, nous ne pouvons rien faire.

Quel avantage à commander Chesterton face à l’islam auprès de l’Association des Amis de Chesterton ?
Trois avantages en un. 1°) D’abord, vous êtes certain de le trouver rapidement et de le recevoir chez vous au plus vite. 2°) Ensuite, vous bénéficier du port gratuit et, 3°) enfin, d’une dédicace personnalisée.
C’est aussi un moyen d’aide concrètement notre association afin qu’elle se développe et puisse organiser les manifestations qui ont fait son succès au moment de sa création. Pour commander, c’est ici.

Pour aller plus loin ?
Nous avons mis également au point une conférence type sur l’œuvre de Chesterton pour un public non averti, avec un support visuel. N’hésitez pas à prendre contact avec nous pour organiser ce type de réunion qui s’adresse à tous les publics. Nous sommes également à votre disposition pour une intervention sur tel ou tel point de l’œuvre ou de la vie de Chesterton.

Comme Rémi Brague êtes-vous modérément moderne et chestertonien ?

Faut-il présenter Rémi Brague, membre de l’Institut, dont le dernier ouvrage vient de paraître sous le titre Modérément moderne (Flammarion). Tout un programme ! Dans ce nouveau livre, Rémi Brague ausculte la modernité et ses travers (nombreux) et perçoit une crise de « modernite » aigüe dont il aimerait mettre en garde ses contemporains.

« Les temps modernes ou l’invention d’une supercherie » clame le bandeau de l’ouvrage. Le ton du livre est plus mesuré, mais il est plus assassin également. Car il ne se contente pas de dénoncer un détournement commercial, une mise en scène ou un tour de passe-passe. Il met à jour les incohérences de la modernité, ses faux-semblants comme ses tendances suicidaires. Il alerte sur ses contradictions et mobilise à sa rescousse autant le bon sens que des auteurs divers et variés. Parmi ces derniers : G.K. Chesterton. Celui-ci tient une bonne place dans ce livre comme il tient une bonne place, d‘ailleurs dans l’œuvre de Rémi Brague.

Dans Au moyen du Moyen âge, par exemple, dans l’édition de poche (Champs/essais), l’auteur se réfère à Chesterton dans l’entretien qu’il publie en tête du livre. La question porte sur la crise de la raison à notre époque, et notamment sur l’expression utilisée par Rémi Brague qui a parlé d’une « angoisse de la raison ». Évoquant les Lumières et les rationalistes, qui paradoxalement parlaient de la croyance en la raison, Rémi Brague a cette phrase :

« Finalement, c’est le Père Brown, le prêtre détective de Chesterton, qui dit vrai : “Je sais qu’on accuse l’Église d’abaisser la raison, mais c’est juste le contraire. L’Église est la seule sur terre à reconnaître que la raison est suprême. L’Église est seule sur terre à affirmer que Dieu lui-même est tenu par la raison” ».

La citation renvoie directement à la première histoire du Father Brown, La Croix bleue, dans ce dialogue entre le petit prêtre et Flambeau, lui-même déguisé en prêtre, et qui se dévoile en croyant mettre en cause la raison.

Avec Modérément moderne, Rémi Brague donne une place à l’auteur d’Orthodoxie. Il le cite à cinq reprises, s’appuyant notamment sur des extraits d’un livre de recueils d’articles de Chesterton, The Thing. Il met notamment en parrallèle Chesterton et Péguy (parallèle qui fit l’objet du premier colloque organisé à Paris par l’Association des Amis de Chesterton et The Chesterton Institute) dès les premières pages pour développer l’idée forte de la modernité comme « parasite » de ce qui l’a précédée et qu’elle entend désintégrer. Rémy Brague cite notamment ce long passage de Chesterton :

« Le fait est là : le monde moderne, avec ses mouvements modernes, vit sur un capital catholique. Il utilise et use les vérités qui lui restent du vieux trésor de la Chrétienté, y compris, bien sûr, de nombreuses vérités qui étaient connues de l’Antiquité païenne mais qui s’étaient cristallisées en Chrétienté. Mais il ne lance pas vraiment de nouveaux enthousiasmes de son cru. La nouveauté est dans les noms et les étiquettes, comme la publicité moderne. Dans presque toutes les autres façons, la nouveauté est purement négative. Le monde moderne ne commence pas des choses nouvelles qu’il pourrait réellement continuer dans l’avenir. Au contraire, il ramasse de vieilles choses qu’il est tout à fait incapable de continuer. Car voici les deux critères distinctifs des idéaux modernes : premièrement, ils ont été empruntés ou arrachés à des mains antiques ou médiévales ; secondement, ils se fanent très vites dans des mains modernes. »

Mais Rémi Brague reprend aussi, à nouveau et à plusieurs reprises, la référence au Père Brown à propos de l’attaque contre la raison qui « est une mauvaise théologie ». Et il termine son ouvrage par la référence d’Orthodoxie sur la démocratie des morts, cet autre nom, selon Chesterton, de la Tradition.

Mais, à vrai dire, clairement cité ou non, Modérément moderne de Rémi Brague ne pourra qu’intéresser les lecteurs passionnés de Chesterton. En raison des idées développées ? Certainement, mais pour autant, on peut lire Chesterton, prendre plaisir et intérêt à son œuvre sans adhérer à l’ensemble de son système d’idées (si le terme de « système » est adéquat, ce qui n’est pas certain) ou de ceux qui s’inspirent de lui. Mais il faut ajouter un élément supplémentaire chez Rémi Brague. Le philosophe a non seulement une réelle agilité d’esprit, mais il aime visiblement les paradoxes et il jongle avec les mots avec un réel bonheur. Ce qui n’est pas sans rappeler, là aussi, Chesterton lui-même.

Aphorisme chestertonien (238) et parution : GKC face à l’islam

L’Islam assure admirablement l’égalité humaine, mais c’est l’égalité des mâles.
La Nouvelle Jérusalem

Début avril paraît le premier volume de la collection « Les Amis de Chesterton » aux éditions Via Romana. Ce premier volume est consacré à un sujet peut étudié que résume bien le titre du livre : Chesterton face à l’Islam. Disponible à partir du 2 avril (nous pouvons vous faire parvenir le livre dédicacé, frais de port gratuit), Chesterton face à l’islam comporte 180 pages et il est disponible au prix de 14 €.

Sommaire : 

Avertissement

Introduction

L’Auberge volante, un roman pour le dire

L’Islam comme unitarisme

La querelle du libre arbitre

L’Islam comme hérésie chrétienne

En défense du vin

Florilège et poèmes