Un regard sur l’Europe… actuelle ? (aphorisme chestertonien 334)

Il peut arriver qu’il soit aussi facile de réunir dix nations en un empire que de changer dix shillings en un demi-souverain. Mais cela peut être aussi insensé que de changer dix terriers en un dogue. En tout cas, c’est non une question d’union ou d’absence d’union, mais une question d’identité ou de manque d’identité.
Hérétiques

Le problème du grand commerce (aphorisme chestertonien 332)

Personne ne comprend le monde moderne s’il ne réalise pas cette vérité première. Le monde moderne a commencé par le problème de l’épicier et de l’aide épicier. Il se termine avec la victoire des aides épiciers sur l’épicier. Il doit être souligné, si évident que ce soit, que les aides épiciers ne sont pas devenus des épiciers. Ils sont tous restés des aides ; seulement au lieu d’aider un humble épicier, avec une âme à sauver, ils sont aides épiciers dans les « International Stores » ou dans le « Universal Provision Departement ». En d’autres termes, les employés ne se sont pas élevés au rang de patron,  et ils n’auront jamais la moindre chance de le devenir. Ils restent des employés ; seulement ils sont comme ces esclaves qui étaient chargés des services publics dans l’antiquité païenne.  Ils ont également des employés sous leurs ordres. En revanche, au-dessus, ils n’ont qu’un patron impersonnel.

Chaucer

L’Église et les réactionnaires de l’irréligion (aphorisme chestertonien 331)

Le déclenchement de la Première Guerre mondiale a disqualifié l’Église, osent affirmer ceux-là même qu’il aurait dû faire mourir de honte. Diraient-ils que l’arche de Noé fut disqualifiée par le Déluge ? Quand le monde va mal, cela prouve plutôt que l’Église voit juste : ce qui justifie son existence, c’est que ses enfants soient des pécheurs et non qu’ils soient sans péché. Quel triste état d’esprit que celui de ces réactionnaires militants de l’irréligion !
L’Homme éternel

Pourquoi célébrer nos morts ! (aphorisme chestertonien 330)

La tombe de G.K. Chesterton

Les classes instruites ont adopté la coutume, aussi odieuse que païenne, de considérer la mort comme trop redoutable pour en parler, d’en faire un secret pour chacun, une sorte d’infirmité personnelle. Les pauvres, au contraire, font grand étalage de leur deuil et ils ont raison. Ils ont saisi là une vérité psychologique qui est à l’origine de toutes les coutumes funéraires des enfants des hommes. Une façon d’atténuer le chagrin, c’est de l’exhiber. Une façon de supporter une crise pénible est d’insister sur el fait que c’est une crise et de permettre aux affligés de se sentir importants. En cela les pauvres sont tout simplement les prêtres de la civilisation universelle et on flaire dans leurs festins om l’on étouffe ou à travers leurs bavardages solennels, l’odeur des viandes cuites de Hamlet, la poussière et l’écho des jeux funéraire de Patrocle.
Le Monde comme il ne va pas