Saint Georges et le dragon : un nouveau Chesterton

St-GeorgesLes éditions de L’Âge d’Homme, dans leur collection Revizor (format de poche) viennent de publier un nouveau recueil de chroniques de G.K. Chesterton sous le titre : Saint Georges et le dragon, chroniques. Il s’agit d’un livre de 294 pages et qui rassemble 44 textes de l’auteur, précédés d’une préface signée du traducteur, Gérard Joulié.

Dans cette préface, Gérard Joulié donne quelques indications concernant l’origine des chroniques rassemblées dans ce nouveau volume en langue française :

« Les textes que nous présentons ici sont tirés des articles que l’auteur de La Sphère et la Croix publia dans l’Illustrated London News dans les années 20 et 30 du siècle dernier. Nous avons choisi ceux qui nous paraissaient les plus significatifs de l’art et de la méthode de Chesterton et les moins tributaires d’une actualité enracinée dans la vie politique et littéraire de l’Angleterre de ce temps. »

Ces indications restent larges et, finalement, sont assez floues. Les chroniques de G.K. Chesterton dans la collection des Collected Works toujours en cours de publication chez « Ignatius Press » (éditeur catholique américain) recouvrent plusieurs volumes. Rien que pour les années 20 et 30, signalées par le préfacier et traducteur, le lecteur est confronté à cinq volumes (du numéro 32 à 36) de 600 pages chaque volume en moyenne.

La préface de Saint Georges et le dragon ne donne malheureusement pas plus d’indication concernant l’origine des textes proposés : ni date de première publication dans l’Illustrated London News, ni titre anglais original. Il est vrai que ces détails n’intéressent que les spécialistes ou les amoureux de précision. Avouons que Chesterton lui-même n’ayant été ni l’un ni l’autre, il est normal que la majorité de ses lecteurs français ne le soit pas non plus, aujourd’hui.

Plusieurs chroniques ont été cependant publiées du vivant de Chesterton dans des recueils dont il avait lui-même conduit la réalisation. À titre d’exemple, et sans avoir pu rechercher l’exhaustivité, nous donnons dans la Table des matières que nous reproduisons quelques exemples. Les lecteurs pourront compléter eux-mêmes.

Que dire de la traduction ? Gérard Joulié est un familier de Chesterton, qu’il connaît bien et depuis longtemps, et il a déjà traduit plusieurs ouvrages de notre auteur. Il appartient également à cette « école » de traduction qui prend quelques libertés avec le texte original afin de le rendre plus accessible au public français. On peut évidemment discuter cette manière de procéder appliquée dans ce nouveau recueil. Généralement, les choses passent relativement bien. Mais on peut s’étonner, par exemple, qu’une chronique initialement intitulée : « On The Renaissance » devienne : « La vérité sur le moyen âge », sans que cela se justifie par la difficulté de compréhension de la traduction du titre original. Et, pourtant ! À lire la chronique en question, les deux thèmes (Moyen Âge et Renaissance) sont bien liés par Chesterton.

Il faut enfin noter que si ce recueil reprend plusieurs chroniques publiées dans le recueil The Varied Types (1903), parues à l’origine, non dans The Illustrated London News (auquel Chesterton collabora à partir de 1905), mais dans The Daily News et The Speaker, on regrette que cette édition en langue française ne reprenne pas, par exemple, la chronique consacrée à Jean Rostand (que Chesterton apprécié) et qui pouvait trouver un écho auprès du public français. Cette chronique sur Rostand faisait d’ailleurs partie d’une première sélection publiée dans Twelve Types en 1902.

Table de Saint Georges et le dragon

Préface

Calemote et pacotille

Le monde des publicistes tories

Serf et heureux de l’être

L’ère de l’Amérique

La théorie psychologique de l’Histoire

Modernes, mais du bout des doigts

Du progrès en Histoire

La vérité concernant saint Georges

Le censeur moderne

Bouddhisme et christianisme (The Illustrated London News, 2 mars 1929)

Spiritualisme et agnosticisme

Qu’est-ce que la vulgarité ?

La crise du parlementarisme

L’effondrement du système matérialiste

Shaw et la naissance d’un préjugé (All is Grist)

Concernant mon antisémitisme

Trollope et la Révolution Whig (All is Grist)

L’esprit de l’Europe

La vérité sur le moyen âge (All is Grist)

Inspiré par la Muse

Savanarole (Varied Types)

Thomas Carlyle (Varied Types)

Charles II (Varied Types)

Stevenson (Varied Types)

L’optimisme de Byron (Varied Types)

François (Varied Types)

Charlotte Brontë (Varied Types)

Ruskin (Varied Types)

La reine Victoria (Varied Types)

Pope et l’art de la satire (Varied Types)

William Morris et son école (Varied Types)

Tennyson (Varied Types)

Elizabeth Barrett Browning (Varied Types)

Sur l’essai

L’Angleterre et le christianisme dogmatique

Mythes et métaphores

Si j’étais un prédicateur

Les modes littéraires victoriennes et les nôtres

De l’art de s’ennuyer (All is Grist)

Walter Scott (Varied Types)

L’effort de distinguer

Que faut-il penser des machines ?

Sur l’Histoire et les Héros

Stevenson contre Poe

Pour commencer l’année : G.K. Chesterton vu par Leonardo Castellani

Pour débuter cette année 2016, que nous vous souhaitons la meilleure possible, sous le regard de Dieu, nous sommes heureux de publier un article inédit en français consacré à G.K. Chesterton. Ce texte émane d’un écrivain argentin, Leonardo Castellani dont nous devons la découverte à Erick Audouard, qui est également la traducteur de ce bel hommage à Chesterton que vous pourrez lire ci-dessous. Nous lui avons demandé de présenter également Castellani afin que les Amis de Chesterton puissent se faire une idée sur cet auteur généralement inconnu en France. Nous remercions vivement Erick Audouard de nous avoir fait connaître Castellani, de nous permettre de le découvrir à propos de Chesterton et, nous espérons avec lui pouvoir le lire prochainement dans la langue de Molière.

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Leonardo Castellani (1899-1981), prêtre catholique et écrivain argentin, est l’auteur d’une œuvre immense comme poète, romancier, nouvelliste, conteur, essayiste, philosophe, théologien, exégète, journaliste et critique littéraire. Il initia également la traduction en espagnol de la Somme Théologique de Saint Thomas d’Aquin. Exclu de l’ordre des Jésuites en 1949 pour insubordination, il ne récupéra son ministère sacerdotal qu’en 1966, et déclina sa réintégration dans la Compagnie de Jésus en 1971 pour raisons de santé. Proche par l’esprit de Chesterton qu’il rencontra deux fois, pourfendeur des idéologies et des fausses gloires du XXème siècle, pratiquant au moins cinq langues, doté d’une érudition prodigieuse et d’une curiosité insatiable, touchant aussi bien à la politique et à l’éducation qu’à la psychologie et à la métaphysique, il écrivit une partie de ses articles et de ses livres sous divers pseudonymes : Jerónimo del Rey, Militis Militorum, Cide Hamete, Pio Duca D’Elia, Desiderio Fierro, etc.
Tour à tour repoussé, exilé et réduit à la misère, il est resté un marginal jusqu’à son dernier souffle : Ermite Urbain, comme il s’appelait lui-même, il développa son génie mystique à travers plus de 50 ouvrages admirables de profondeur, de richesse et d’humour. Quasiment oublié dans son propre pays, il demeure l’une des plus grandes figures de toute la littérature argentine : « Ce qui n’est pas beaucoup dire… » aurait-il ajouté.
Erick Audouard (Fragments de Trébizonde, Gallimard) entreprend actuellement de le traduire et de le présenter au public français.

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Le bon sens de Chesterton par Leonardo Castellani

« La vraie philosophie se moque de la philosophie » Pascal[1]

Le 15 décembre 1929, à Rome, j’ai entendu une conférence de Chesterton sur les Martyrs Anglais, alors béatifiés au Collège Anglais dont certains d’entre eux furent élèves, tel le bienheureux Robert Southwell. Le grand journaliste commença son allocution en plaisantant sur son retard et sur son allure joviale et massive, encore inconnue pour beaucoup.

« Vous vous serez peut-être alarmés, dit-il, – me croyant victime de quelque collision dans ces terribles rues de Rome, qui sont pires que celles de Londres. My dear friends, ne vous inquiétez jamais pour moi : la voiture dans laquelle je roule balaie toujours l’autre ».

Comme toutes ses images, celle du ventripotent chroniqueur londonien dans sa petite auto disloquée, aussi combative qu’invincible, est tout un symbole. Le journaliste de génie qui vient de nous quitter possédait un goût diabolique pour les collisions. Il fut un chauffeur de bus doublé d’un entrepreneur de démolitions. On peut le voir sous la forme d’un gigantesque outlaw à la crinière turbulente et au rire de grand enfant qui, monté dans l’omnibus entre Hamersmith et Oxford Circus, haranguerait les passagers pour qu’ils le soutiennent, s’emparerait du volant et s’empresserait ensuite de catapulter l’engin contre tous les slums, tous les taudis et tous les bidonvilles, honte de l’humanité, qui délimitent la métropole du monde : murs en ruine, montagnes d’ordures et d’encombrants, pauvres bicoques à punaises, immeubles abominables dans lesquels la plèbe chère à son cœur s’étiole et s’asphyxie, écrasée par La Richesse des Nations d’Adam Smith. Faire de l’air, de l’espace. Et la raison pour laquelle il réussit à balayer tout ce qu’il percute en restant sain et sauf, – comme il dit -, se trouve justement dans sa corpulence, dans son bien-être prodigieux, dans ce sens commun d’une tonne, cette bonne santé mentale, cette joie de vivre (parce que le savoir est la vie, le savoir est justement la vie plus vivante en l’homme), sa joie de savoir, de voir, de comprendre, de convaincre, de débattre. Et le plus fort, c’est que les propriétaires de tout ce qu’il démolit n’ont pas d’autre recours que de rire, voire d’applaudir. Ce Gros, le plus batailleur qui soit, mais batailleur avec la cordiale bonhommie du boxeur obèse, est mort sans laisser un seul ennemi derrière lui. Ses raclées étaient si sincères, si humbles, si charitables, tellement imprégnées d’humaine sympathie, qu’il n’y avait qu’à les recevoir et à fermer son bec. On ne peut rien contre la vie [2].

Cependant, ce serait une erreur de voir en Chesterton un pur polémiste : il fut avant tout un catéchiste. Voltaire est un pur polémiste, un bretteur fallacieux[3]. Chez Chesterton, la polémique n’est jamais qu’un épisode, un prétexte.

– Combien vous en savez, don Gilberto !

– Rien de plus que le Catéchisme, mon fils.

– Mais vous en mettez partout, comme la sauce tomate.

– C’est fait pour.

Pour enseigner à nouveau le Catéchisme aux anglais, il fallait entrer dans un pub, s’asseoir devant un verre de gin, savoir de tout, aimer Londres, être un peu loufoque, toujours de bonne humeur, avoir une grosse voix tonitruante et un genre excentrique, à la fois modeste et conquérant. Il fallait avoir une gaîté d’enfant, une santé de taureau, une foi d’irlandais, un bon sens de cockney, une imagination shakespearienne, le cœur de Dickens et la plus formidable envie de discuter qu’on ait vue depuis que le monde est monde.

Dans The Thing (Sheed Ward, 1929), Chesterton a réuni une sélection de ses derniers articles polémico-catéchistiques. Techniquement, ce sont de pures merveilles, aussi ciselées que des joyaux ou des poèmes. (Lisez par exemple Logic and Lawn Tennis, The Roots of Sanity, What do They Thing). Une petite introduction sentencieuse inattendue, venue on ne sait d’où, – une présentation de la victime, du malheureux qui a osé dire quelque chose contre la bien-aimée Eglise de Rome – ; une battue à fond et dans le détail par le biais systématique des questions-réponses; un knock-out fulgurant ; – et lorsqu’il le tient au-dessus du sol par les pieds, un petit sermon chrétien au public réjoui, qui s’achève sur une fanfare triomphale, un morceau de bravoure dont chacune des syllabes chante comme dix mille rossignols.
Sa mission fut de prêcher la Bonne Nouvelle du Salut au moyen de la joie et de la liberté par la foi. Dieu le chargea de composer durant 40 années, à travers 70 volumes, une pantagruélique Silly Symphony basée sur le Credo de Nicée. Seul Chesterton trouva tant de choses à dire sur le premier article,

Je crois en Dieu le Père tout-puissant

Créateur du ciel et de la terre

De l’univers visible et invisible,

qu’il passa toute sa vie à paraphraser sur tous les tons possibles et imaginables. Certes, il connaît l’ensemble des Mystères, la Croix, la Rédemption, le Péché Originel, qui forment le fond rouge et noir de ses tableaux ; il connaît Marie, Saint Thomas et Saint François, avec lesquels il s’entretient comme un gamin plein d’audace ; mais, au bout du compte, Chesterton est le poète créationniste. C’est un poète existentiel comme disent les fous d’aujourd’hui. Il semble s’être trouvé aux côtés d’Adam quand toutes les choses étaient en train de se faire, quand le cosmos était un conte de fées, aux temps du Langage Neuf. Oh frère François, tout ce qui est, en tant que c’est, comme c’est beau ! Il passa toute sa vie dans l’adhésion la plus chaleureuse à l’opinion de Dieu le Père lorsqu’Il déclara que Tout le créé était bon. « Et vidit Deus quod esset bonum ».

Cet homme qui écrivit deux pages impeccables sur deux tremendous trifles : la clé (Orthodoxy) et la boîte aux lettres (What Wrong With The World) ; cet homme qui écrivit un délicieux madrigal à l’Âne :

When fishes flew and forest walked

And figs grew upon thorn,

Some moment when the moon was blood

The surely I was born.

With monstruous head and sickening cry

And ears like errant wings

The devil’s walking parody

On all four footed things…,

comme il doit désormais sentir les splendeurs majestueuses du grand Univers, desquelles (entre parenthèses), en notre triste époque, il faisait partie.

Dieu fit bien les choses, et Adam leur donna le nom qu’il fallait ; mais comme Gilbert Chesterton sait comment elles auraient pu être, il leur donne toutes sortes de sobriquets : et cela l’amuse terriblement. Il a le regard du nouveau-né qui voit les hommes appeler « manger » le fait de s’introduire dans le corps des choses curieuses par un trou qu’ils ont dans la tête. Il fut tout à fait homme, il eut en lui tout ensemble et simultanément ce qui fait l’homme : la sagesse de l’ancien, la sagacité du mâle, la combativité du jeune, la pétulance du garçon, le rire et la ludicité de l’enfant, et encore au-dessus, comme je le disais, ce regard sérieux et stupéfait du bébé. Le regard ontologique de celui qui vient de naître, dont Saint Thomas dit que ce qu’il voit intellectuellement en premier n’est rien d’autre que l’Être.
Chesterton est le Roi du Bon Sens et le Poète de la Sagacité, le poète du Deux et Deux Font Quatre.

Up my lads, and lift the ledgers, sleep and ease are o’er

Hear the stars of morning shouting « Two and two four »

 C’est le roi du Bon Sens parce que nul homme, plus que lui, n’a « fait le fou ».

Grand paradoxe, mais grande vérité. Qu’est-ce qui s’oppose à ce qu’un paradoxe soit une vérité ? Un éminent professeur et critique littéraire de mes bons amis me disait un jour :

« Je n’aime pas Chesterton parce que je n’aime pas la pensée sautillante. Je suis du parti de Cervantès, pas de celui de Quevedo ; et surtout, je suis du parti d’Anatole France, mon maître. La vérité n’aime pas les entrechats, la vérité ne fait pas de cabrioles, elle marche vêtue d’apophtegmes et de maximes, pas de calembours. Dans tous les cas, elle se revêt d’ironie ».

Tandis qu’il s’éloignait méditatif dans la rue Anchorena, je suis parti de mon côté dans la rue Santa Fe, impressionné par cette objection : « La vérité ne fait pas de cabrioles ». Et voilà comment une voiture aux intentions manifestement suspectes, qui fit faire une cabriole invraisemblable à mon professeur d’ami, qui se croyait encore en chaire, m’apporta la solution que je cherchais. « La vérité ne fait pas de cabrioles ». De quelle vérité parlez-vous ? La vérité fait ce qu’elle peut, et il ne nous est pas loisible de la découvrir par son seul vêtement. Mais il existe une vérité spéciale, chère à Chesterton toute sa vie, une vérité qui s’ingénie à exécuter toutes sortes de choses anti-professorales et malséantes : elle crie dans la rue, joue avec les enfants, tire à la sarbacane sur les pédants et se promène de par le monde en se jouant de tout et de tous. « Ludens in orbe terrarum ». C’est ainsi du moins que la décrit le Livre de la Sagesse.

Quelles relations entre le Sens Commun et la Folie, entre le Sens Commun et la Métaphysique ? Encore une fois, de quelle Folie parlez-vous ? Il faut rappeler que le Verbe de Dieu fut très souvent dit fou, que Hamlet fut fou, que Don Quichotte fut fou… et Don Bosco, et Saint Philippe Neri ? C’est pourquoi beaucoup continuent d’appeler Chesterton le Roi du Sens Commun, et s’obstinent à affirmer que, à force de creuser cette sagesse naturelle, patrimoine universel de tout analphabète, il parvint aux plus profondes intuitions philosophiques ; alors, va, lis-le, et traduis-le (mal : il est impossible de bien traduire Chesterton), et tant pis si tu le trouves plus fou qu’une chèvre[4].

Comment ? Que le Ciel m’emporte ! Un curé catholique détective, un criminel chef de la Police, un lad de Notting-Hill changé en Bonaparte, quelques oisifs qui s’amusent à déplacer une enseigne de taverne de maison en maison, avec toutes les conséquences qui s’ensuivent, phénoménales et prévisibles, un athée et un catholique qui se battent à l’épée à propos de l’existence de Dieu dans un duel qui ne finit jamais, un professeur allemand qui n’est autre que Lucifer en personne, un asile de fou qui n’est autre que le monde lui-même, et Dieu, l’Etre Ineffable, symbolisé semble-t-il dans la personne d’un homme corpulent, leader d’une horde de gangsters, qui se révélera être un policier déguisé, et par-dessus tout cet homme, cet écrivain prodigieusement informé, passant son existence à nier minutieusement tout ce que tout le monde répète (répéter ce que tout le monde dit : en quoi se trouve justement l’essence du sens commun), et pire encore : à essayer de le prouver. C’est ça, le Sens Commun ? C’est ça, la Logique ?

Eh bien oui, monsieur ; mais la Logique qui fait la folle ; la philosophie qui, selon Pascal, se moque de la philosophie. C’est le Sens Commun, mais le Sens Commun pris d’ivresse.

– Ivre de quoi ?

– Ivre de Poésie et de Théologie. Bras-dessus bras-dessous avec sa fille, la Joie de Vivre.

Nul d’entre nous n’est ce qu’il veut, mais ce qu’il peut. Cela me rappelle Alfred le Grand, ce bon roi saxon auquel Chesterton dédia une merveilleuse romance. Le danois Gunthorn, barbare obscur, avait envahi le royaume chrétien, assassiné le roi Æthelred  et usurpé sa couronne ; Alfred, frère du roi tué, dont la tête est mise à prix, jeune homme ardent et vif, doté d’un regard espiègle et de deux grandes dents de rongeur, demeure justement aux côtés du vieil ogre Gunthorn, – déguisé en bouffon du roi. Sa foi est si grande (sa foi en Dieu et en son droit) que tout en faisant sonner les grelots quand il faut pour couvrir le bruit des fidèles en armes, il arrive à se moquer des courtisans pansus, à faire rire aux éclats le roi stupide et cruel, et à proférer des choses insensées derrière lesquelles se cache un sens terrible. Il est la risée de tous, lui le capovolgitore, mais il n’en est pas moins de chef réel, le roi légitime : ils le craignent tous, quoiqu’ils en disent, ils le respectent et peut-être même, au fond, qu’ils l’envient et qu’ils l’aiment un petit peu. Si les forces loyales n’avaient pas fini par le remettre sur le trône au cri de « Saint Aidan ! », si ce vrai roi était à jamais resté le fou du roi, cela n’aurait fait aucune différence : premier par le lignage, premier par le mérite et par la grandeur d’âme, il était le maître natif et authentique, jusque dans les moments qui le virent cheminer cul par-dessus tête. « Asseyez-vous là, espèce de casse-pied – dit le Duc à Don Quichotte – quelle que soit la place où je m’assieds, j’occuperai toujours celle du maître ». En quoi le Duc se trompa prodigieusement, tout comme ce roublard de Sancho ; car en réalité c’est Don Quichotte qui occupe la place de choix, où qu’il s’assied, par rapport à n’importe lequel de ces faux Ducs qui pullulent dans le monde[5].

Supposons qu’un usurpateur vienne à s’asseoir sur le trône du Bon Sens, encadré par une escorte de pirates et un bataillon de marchands. Gens solennels, gens pratiques, gens responsables, grands financiers et prêteurs sur gages. « Facts and figures, facts and figures ». La Science avec une majuscule, la Nouvelle Psychologie, la Psychanalyse, Economics and Politics, la respectabilité, les messieurs d’Oxford et Cambridge, la pudeur victorienne, la révolution industrielle, l’oligarchie des grandes fortunes, l’Empire, toute la terre à exploiter, la Culture, le Progrès et la Civilisation sous le règne suprématiste et prédestiné de la race nordique, précisément tel parce que nordique. Qu’est-ce que Dieu ferait avec un plat pareil sous le nez ? Il laisserait tomber deux gouttes d’esprit. Deux gobelins. Un gobelin immensément compatissant dans un corps maigre : Dickens. Un gobelin immensément moqueur dans un gros corps : Chesterton. Mais tous deux devront se déguiser en bouffons, car si on voyait ce qu’ils sont, dans toute leur nudité, à savoir des mystiques et des sociologues, ils prendraient le risque d’être inquiétés, ou du moins inécoutés. Parce que la folie est parfois démence, parfois déguisement, parfois les deux à la fois, comme dans Hamlet. David dansa devant l’arche pour éviter l’extase. Au début de chaque messe, de peur que le ravissement ne l’empêchât de consacrer, Saint Philippe Neri se tournait vers l’enfant de chœur et se mettait à lui raconter des blagues de Bertoldo, Bertoldino et Cacaseno. Ces deux-là étaient des saints. Mais les deux autres l’étaient aussi à leur manière, serviteurs et fiancés de cette invisible, méconnue, criarde, royale, enivrante vérité qui danse et qui joue. « Ludens in orbe terrarum ».

Jouer toute la vie. Autre paradoxe. Seul un homme qui ne fit jamais rien d’autre que jouer dans sa vie était capable de travailler autant[6]. J’aimerais bien apercevoir Chesterton au ciel, en train d’apprendre à Saint Pierre (ce Saint Pierre si semblable à celui des légendes folkloriques) les règles du poker.
Car alors je lui dirais :

Saint Gilbert du Bon Sens, toi qui fus sur terre le Sens Commun outlaw et la Sagesse qui dansait dionysiaque,

Gilberto Chesterton, toi qui, pour être encore plus anglais, portais le nom d’un bourg de Cambridge-County,

Falstaff dévot, toi qui eus la vocation d’apprendre le Catéchisme illustré aux anglais,

En leur démontrant par la même que Dieu n’avait pas précisément intérêt à leur laisser l’Empire du Monde.

(Et sans avoir d’objections per se contre leur bacon frit, leur steak argentin, leur golf et leur bridge, et moins encore contre la Liberté et la Joie.)

Sinon le souci de nous offrir, coûte que coûte, l’Empire du Ciel,

Avec la Croix cachée de Thomas More au prix du marché

et un peu plus de Lumière sous la peau…

Gargantua des lettres, Michel-Ange euphuiste, espèce de Robin des Bois et de Sherlock Holmes monastique.

Plus exquis que Rabelais, trop brutal pour Benvenuto[7] et la moniale Hrotsvita,

toi qui pouvais réciter et récitais tout Shakespeare et la Bible itou en dialecte cokney à l’envers, dans l’ordre et dans le désordre.

Toi qui jamais ne pus résister à la tentation de l’espièglerie et du whisky glacé.

Saint Gilberto qui es au ciel entre Saint Simon le Fou, Marie Stuart et le Bembo[8],

Saint Gilberto, souviens-toi de nous face au trône de l’Eternelle Sagesse.

Et rends-lui grâce de t’avoir fait naître à notre époque,

A notre sale, bien sale époque

 

For we all praises famous men

ancients of the College :

for they taught us common sense

tried to teach us common sense

Truth and God’s Own Common Sense

which is more than knowledge !

 

Article de 1936 réuni dans le volume Critica Literaria, Buenos Aires, 1945.
Traduction et notes : Erick Audouard.
© Erick Audouard.

[1] Blaise Pascal écrit « Se moquer de la philosophie, c’est vraiment philosopher » (B. 4). N.d.t.

[2] Nous n’ignorons pas que cette raison prochaine de l’amabilité de G.K. Chesterton s’insère dans une autre raison générale, qui est la position de minorité sans gravitation politique, position qui est celle qu’occupent les catholiques en Angleterre. C’est aussi pourquoi il y a aujourd’hui un combat religieux en Allemagne, combat qui est absent (apparemment) en Angleterre. Le tout prime toujours sur les parties. « One of the loveliest characters I have ever know was G.K. Chesterton », dit Wells dans son livre furieux The New World Order (1940). Il explique dans la foulée que ce n’était pas parce qu’il était catholique, sinon malgré le fait qu’il le fût. En quoi il se trompait grandement. Note de l’auteur.

[3] Intéressant de les voir ferrailler tous les deux : le converti d’une nation hérétique armé de taille contre l’apostat d’une nation chrétienne armé d’estoc, – abeille contre vipère -, dans The Maid of Orléans (in A shilling for my thoughts, Methue Co. 36 Essex, St. W.C, Ltd, 1927). Note de l’auteur.

[4] Et cela, même quand on s’efforce de bien le traduire. Ne parlons pas de la récente traduction argentine qui fait de The Thing « Lo que es » (Ce qui est), de spiritualist « espiritualista », de spanish desperadores « espanoles desesperados », et pareil pour le style, qui brille par son absence totale, dans une prose indigeste qui est une véritable horreur ; rappelons que la traduction a été exécutée par un catholique et une maison d’édition catholique, et promue par un groupe de catholiques de la revue Nuestro Tiempo… Note de l’auteur.

[5] Citant de mémoire, Castellani se met à inventer une scène qui ne figure pas telle quelle dans le livre de Cervantès. « Je dis donc, reprit Sancho, qu’étant tous deux comme j’ai dit, prêts à s’attabler, le laboureur s’opiniâtrait à ce que l’hidalgo prît le haut de la table, et l’hidalgo s’opiniâtrait également à ce que le laboureur le prît, disant qu’il fallait faire chez lui ce qu’il ordonnait. Mais le laboureur, qui se piquait d’être courtois et bien élevé, ne voulut jamais y consentir, jusqu’à ce qu’enfin l’hidalgo, impatienté, lui mettant les deux mains sur les épaules, le fit asseoir par force, en lui disant : « Asseyez-vous, lourdaud ; quelque part que je me place, je tiendrai toujours votre haut bout. » Voilà mon histoire, et je crois, en vérité, qu’elle ne vient pas si mal à propos. » (Chap. XXXI, Tome II). Préalablement, le Duc dont parle Castellani avait prié très courtoisement Don Quichotte d’occuper le haut bout de la table. On remarquera dans cette modification son ardeur quasi « romantique » à défendre Don Quichotte. N.d.t.

[6] Ici, Castellani met en notes la liste de tous les ouvrages de Chesterton disponibles. N.d.t.

[7] Sans doute le sculpteur et orfèvre florentin Benvenuto Cellini et Hrotsvita de Gandersheim, mystique. N.d.t.

[8] Pietro Bembo (Venise 14701547), cardinal, philologue, écrivain, poète, traducteur et érudit italien. N.d.t.

La course après la santé… (aphorisme de Chesterton, 370)

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La poursuite exclusive de la santé conduit toujours à quelque chose de morbide.
Le Défenseur

Café littéraire avec Chesterton

Rivière

On nous prie d’annoncer :

L’ECRIT POUR LE DIRE, propose des Cafés Littéraires

Dimanche 14 Février, 16h / 18h
VIE ET ŒUVRE DU DIVIN CHESTERTON
(F. Rivière, Ed. Rivages)

Gilbert Keith Chesterton, est l’un des plus importants écrivains anglais du début du XXe siècle qui excella comme journaliste, poète, biographe, nouvelliste…
Chesterton est surnommé « le prince du paradoxe ». Il utilise abondamment les proverbes et dictons populaires, et notamment les lieux communs en les détournant de leur sens.
Il est particulièrement renommé pour ses œuvres apologétiques et même ses adversaires ont reconnu l’importance de textes comme Orthodoxie ou L’Homme éternel. Jorge Luis Borges le revendique comme l’un de ses principaux maîtres.

Présentation de  la biographie qui lui est consacré & Lecture d’œuvres.

Réservation conseillée : 06 15 67 01 89 – Participation : 8 € et réduit : 5 € (Etudiants, RSA, difficultés financières)
– Formule goûter : 6 €  (consommation obligatoire)
Rencontres animées par Thierry Missonier
L’Ecrit pour le Dire. Adhésion (25 € : Gratuité pendant 1 an).
Obtenir nos programmes : lecritpourledire@gmail.com.
– Courrier : 9, rue C. Franck, 75015 Paris.

 

Comme Carthage… (aphorisme de Chesterton, 369)

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Carthage est tombée pour sa philosophie, pour avoir poussé jusqu’au terme logique les conséquences de sa vision du monde. Moloch a dévoré ses enfants.
L’Homme éternel

Chesterton et l’indissolubilité du mariage

Mr.-Mrs.-Chesterton

Nous sommes heureux de publier ici ce texte d’un jeune chestertonien, Mathieu Grossi, qui a souhaité traiter un sujet décidément d’actualité avec le récent synode organisé par l’Église catholique sur le thème de la famille.

« Depuis Browning, nul n’a aussi bien compris le sacrement du mariage que Gilbert Chesterton. » Tel est le jugement de Maisie Ward, amie du couple Chesterton et auteur d’une biographie de notre homme. Rappelons que le poète victorien Robert Browning (lui-même objet d’une biographie de Chesterton) arracha des griffes d’un père jaloux une jeune poétesse handicapée dont il était tombé amoureux par correspondance. Après un mariage clandestin, Elizabeth Barret Browning reprit peu à peu goût à la vie, cessa de consommer de l’opium, et retrouva partiellement l’usage de ses jambes. Si c’est à ce niveau que se situe Chesterton, il doit bien avoir quelque chose à dire dans les débats qui agitent l’Eglise ces derniers temps.

Chesterton à vrai dire est un champion de l’indissolubilité du mariage, qu’il défend pour plusieurs raisons. L’une de ces raisons est d’une nature purement mystique. Nous l’illustrerons par une très belle scène de The Ballad of the White Horse, où un soldat lance sa seule arme, une épée rouillée, au visage d’un chef ennemi positionné à plusieurs mètres de là et prêt à décocher sa flèche. Le roi Alfred de Wessex, qui a assisté à la scène, commente le symbolisme de cette « prouesse de feu » :

« c’est bien manière de Chrétien, par le fer ou la plume dévote, que de satisfaire le désir de son cœur en jetant son cœur loin de toute assurance. Et d’aucuns se vouent à la ruche des moines, d’aucuns à l’amitié d’une gente dame, mais telle est la manière des Chrétiens qu’ils honorent leurs vœux jusqu’à la fin. »

Ce que Chesterton admire, c’est la beauté d’un acte ou d’une parole qui, par son caractère périlleux, exprime à la fois les deux aspects, contingent et sacré, de l’expérience humaine. L’amant qui fait vœu de fidélité est comme l’aspirant qui entre dans les ordres ou le guerrier qui jette son arme au visage de l’ennemi : tous trois renoncent définitivement à ce qui leur paraissait important, et leur paraîtra sans doute important par la suite, au bénéfice de quelque chose qu’ils ont perçu par une intuition passagère mais puissante comme éternel et insurpassable : l’amour, la recherche spirituelle, la victoire.

Non seulement ce sacrifice est sublime, mais il est joyeux, il offre même la seule joie plénière, dont les autres sont de pâles copies. Dans une « défense des vœux inconsidérés », Chesterton regrette que la vie moderne comporte en toute chose une « sécurité » qui interdit l’ivresse véritable, ivresse seulement accessible à celui qui tente le tout pour le tout et « brûle ses navires » pour s’interdire la fuite :

« c’est précisément cette échappatoire, cette impression d’avoir une possibilité de faire marche arrière qui stérilise le plaisir moderne. Partout on assiste à des tentatives fébriles et obstinées pour atteindre gratuitement au plaisir. […] Ainsi, en religion et en morale, le décadent mystique dit “Baignons dans la pureté et le sacré sans prendre la peine de maîtriser nos pulsions ; chantons alternativement des hymnes à la Vierge et à Priape.” Ainsi, en amour, les sectateurs de l’amour libre disent ‘Expérimentons la beauté du don de soi sans prendre le risque de l’engagement ; voyons s’il n’est pas possible de se suicider un nombre illimité de fois.’ Évidemment, ça ne marchera pas. Il y aura des frissons, sans aucun doute, pour le spectateur, l’amateur, l’esthète, mais il existe un frisson connu seulement du soldat qui combat pour son drapeau, de l’ascète qui s’affame pour atteindre l’illumination, de l’amant qui a fini par faire un choix. Et c’est par la vertu transfiguratrice de cette discipline personnelle qu’un serment est une chose essentiellement saine. »

Tout cela est très poétique, dira-t-on, mais fort peu pratique. Chesterton bien entendu a d’autres arguments en faveur de l’indissolubilité du mariage chrétien, et nous en reparlerons peut-être dans de prochains articles. Toujours est-il qu’il refuserait obstinément d’admettre la traditionnelle opposition entre idéalisme et réalité. Pour lui, c’est l’idéal qui est pratique, et c’est le froid calcul qui mène à la catastrophe. Si l’idéal du mariage chrétien a parfois l’air inapplicable ici-bas, ce n’est pas le mariage qui doit être réformé :

« les grands idéaux du passé n’ont pas échoué parce que nous leur avons survécu (ce qui voudrait dire que nous les avons « trop vécus ») mais parce que nous ne les avons pas assez vécus. […] L’idéal chrétien n’a pas été éprouvé et jugé insuffisant ; il a été jugé difficile et laissé de côté sans qu’on l’éprouve. »

Mathieu Grossi

Philippe Maxence évoque Chesterton ce 4 novembre au Collège des Bernardins

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Comme nous l’avons déjà annoncé, nous rappelons que Philippe Maxence, président des Amis de Chesterton, interviendra sur Chesterton le mercredi 4 novembre, à partir de 20h00, au Collège des Bernardins, dans le cadre de l’Observatoire de la modernité, dirigé par Chantal Delsol et Bérénice Levet.

Tous les renseignements sont disponibles sur le site du Collège des Bernardins.
Nous vous attendons nombreux.

Écologie chestertonienne (aphorisme de Chesterton, 368)

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(dessin de G.K. Chesterton, extrait de Greybeards at Play)

Le soleil est le faubourg de la terre et les étoiles sa banlieue.
Hérétiques

L’union au crible du bons sens, aphorisme de Chesterton (367)

GKC

Il va sans dire que l’union n’est pas plus en soi une bonne chose que la séparation n’est une bonne chose en soi. Il est aussi absurde d’avoir un parti en faveur de l’union que d’avoir un parti en faveur de monter un escalier et un parti en faveur de descendre de l’escalier. La question n’est pas de monter ou de descendre, mais de savoir où nous allons et pourquoi nous y allons.
Hérétiques

Chesterton à l’Observatoire de la modernité

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À l’invitation de Chantal Delsol et de Bérénice Levet, Philippe Maxence, président des « Amis de Chesterton » interviendra le mercredi 4 novembre prochain (20h00-21h30) au Collège des Bernardins, dans le cadre de « L’Observatoire de la modernité », pour présenter la pensée de Chesterton et ses éventuelles réponses aux maux contemporains. Moyennant la somme modique de 6 €, les séances sont ouvertes à tous. C’est un très beau programme que propose l’Observatoire de la modernité qui, après avoir évoqué la figure de Hannah Arendt, traitera dans les mois prochains de Léon Chestov, Georges Bernanos, José Ortega y Gasset, Simone Weil, Cornelius Castoriadis, Christopher Lasch, Louis Dumont et Gunther Anders.

On trouvera sur le site du Collège des Bernardins toutes les informations nécessaires.

chestertonRomancier, journaliste et essayiste anglais. Chesterton porte un regard acéré sur le monde moderne et ses prétentions. Soutenu par une écriture jubilatoire et un art du nonsense, cette forme d’humour typiquement anglais, remarquable, il fait apparaître l’absurdité et l’arrogance d’une modernité infatuée d’elle-même, convaincue de sa supériorité sur toutes les époques qui l’ont précédée. Ardent apologiste du christianisme, de l’anthropologie chrétienne, seule susceptible de faire contrepoids à la démesure contemporaine (Orthodoxie, 1908).

  • Gratuit  pour les moins de 26 ans dans la limite des places disponibles le jour de l’évènement.
  • La conférence qui dure une heure est suivie d’un débat d’une demi-heure environ.